Journée « noire » dans les assos

Emplois aidés ?

Le monde associatif a appris au cours de l’été la décision du gouvernement de réduire drastiquement le nombre de contrats aidés pour 2017 et 2018. S’ajoutant à l’annonce de nouvelles baisses de dotations aux collectivités locales, premier partenaire financier public des associations, et en l’absence de toute perspective gouvernementale en matière de politique de soutien au développement de la vie associative, la décision du gel des emplois aidés vient faire peser une menace forte sur l’activité de notre association. Depuis 2010, « 1, 2, 3 Bocage » a accueilli 7 jeunes en contrats aidés. Accueil, animation, secrétariat, développement social local… ils ont systématiquement fait partie intégrante des équipes et y ont joué un rôle clé : ils ont apporté une véritable plus-value au côté des autres professionnels et des bénévoles dans des secteurs d’activités divers : enfance, jeunesse, culture, vieillissement… Ils ont contribué effectivement au développement de services et activités utiles à notre territoire et ont participé à l’accomplissement de notre beau projet collectif « vivre ici, ensemble et mieux ». Tous ces emplois n’ont pas été pérennisés au sein du Centre Social, bien entendu. Deux d’entre eux ont toutefois débouchés sur des Contrats à Durée Indéterminée, un sur une reprise d’études en milieu universitaire… et trois sont toujours en cours. Dans tous les cas, les jeunes ont profité de formations qualifiantes et adaptées à leurs projets professionnels. Au-delà du fait que l’emploi aidé débouche sur un emploi pérenne, il a systématiquement permis une stabilisation de la situation personnelle et familiale, une reconnaissance sociale, l’enrichissement d’un réseau social, un sentiment d’utilité, une reprise de confiance en soi, un repérage de ses potentiels, la capacité de se projeter à nouveau dans un projet professionnel. Notre association a ainsi joué son rôle d’insertion sociale et professionnelle. Nous ne nions pas les limites et les dérives des emplois aidés. Le fonctionnement de notre association ne saurait, moralement, reposer sur des travailleurs jetables, corvéables, mal payés car sous-formés. C’est pourquoi, nous nous sommes particulièrement impliqués dans l’insertion et l’accompagnement de nos salariés en emplois aidés et nous avons à coeur, lorsque cela est possible, de pérenniser ces emplois… si tant est qu’on nous en donne les moyens ! Votre Centre Social, comme l’ensemble des Centres Sociaux fédérés, est prêt à expérimenter sur son territoire : avec les collectivités et les partenaires sociaux, inventons ensemble des nouveaux dispositifs qui répondent aux défis d’accompagnement des personnes les plus éloignées de l’emploi !

 

Témoignages de salariés de votre Centre Social 

Noémie Péreau, « au-delà du handicap ! »

Atteinte de mucoviscidose, ma santé s’est beaucoup dégradé en Terminale avec un emploi du temps assez intensif et j’étais dans un grand lycée, avec des escaliers à n’en plus finir… Les médecins m’ont dit que j’étais trop fatiguée pour continuer et j’ai dû abandonner ma scolarité. Même si ma santé était fragile, je n’imaginais pas ne rien faire. Sans aucun diplôme en poche, j’ai été recrutée au centre social de 2011 à 2013 sous contrat aidé. Mon emploi du temps a été aménagé en fonction de mes capacités et j’ai même bénéficié d’une formation en comptabilité. Cet emploi m’a permis d’être indépendante et je me suis épanouie car l’on me faisait confiance pour gérer mon poste. Ce fut une première expérience professionnelle très enrichissante.

Charline Paquet, « du design à l’animation… »

Parallèlement à mes études j’ai, lors d’emplois saisonniers, découvert l’animation. Une vraie passion est née. Alors que je cherchais à me professionnaliser, le tout jeune Centre Social « 1, 2, 3 Bocage » avait besoin d’une animatrice pour participer à la mise en place de son ambitieux projet social. Grâce à un emploi aidé, j’ai ainsi accédé à un poste d’animatrice socioculturelle à temps plein et à une formation BPJEPS « Loisirs Tous Publics » en parallèle. Cette alternance de cours théoriques et de pratiques professionnelles a été une vraie richesse pour moi : l’un faisant écho à l’autre. Les conditions de l’emploi aidé ont aussi participé à la pérennisation de mon poste. J’ai rapidement accédé à un CDI, ce qui m’a permis de participer à des projets sur le long terme et d’avoir ainsi une vraie qualité de travail. Cette professionnalisation et cette stabilité ont aussi participé à mon épanouissement personnel.

Marion Roch, «le bac oui mais après ? »

Sortie de l’école avec un BEP et un BAC en poche, j’étais prête à me jeter dans la vie active. La réalité du marché du travail m’a très vite rattrapée. Des diplômes insuffisants et sans aucune expérience, j’ai dû me résoudre à des emplois alimentaires temporaires. Le temporaire devenant permanent, j’ai perdu confiance en moi et sans pratique, mes connaissances s’estompaient. Perdue entre le domaine de l’administratif et le secteur de l’aide à la personne qui semblait recruter, j’ai effectué une formation pour faire des stages dans ces domaines. Après une expérience riche en émotions auprès de personnes âgées, j’ai été accueillie par le Centre Social l’Escale à Souvigny. Cela a été une révélation, je suis entrée dans le monde des centres sociaux où j’ai découvert un lieu d’échange, de partage et d’écoute au plus près de la population. Recrutée au Centre Social « 1, 2, 3 Bocage » grâce au dispositif des emplois d’avenir, j’ai pu enfin trouver une place à part entière et des missions à la hauteur de mes motivations. Grâce aux emplois aidés, j’ai eu le sentiment d’avoir ma chance et que l’on me fasse confiance. Je suis utile au quotidien et je peux agir sur les actions de l’association. Salariée au même titre que les autres, je suis socialement reconnue. Lorsque je fais un bilan de cet emploi d’avenir, je prends conscience de mon parcours, j’ai pu construire ma situation professionnelle et familiale, acquérir une très riche expérience et entamer une formation d’ « assistante de direction » coûteuse à laquelle je n’aurais pas eu accès sans ce dispositif. Même si mon emploi ne peut être pérennisé dans quelques mois, j’en ressors pleine de confiance en moi, fière de mon expérience acquise et avec un niveau de qualification supplémentaire. J’ai enfin tous les outils pour me positionner sur le marché de l’emploi. Les contrats aidés sont de véritables tremplins pour accéder à l’emploi et à la formation. Sans eux, il ne reste qu’à essuyer les refus des recruteurs et tout ce que cela entraîne. Ils sont une opportunité pour entrer dans la vie active et redonner à chacun sa place dans la société.

 

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